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mercredi 14 mai 2008

Wrenna, le premier du nom

Naviguer, à la voile ou au moteur, est une véritable obsession dans la famille.

Tout a commencé pour moi par des stages de dériveur en Bretagne, où mes parents m'inscrivaient pendant les vacances d'été. C'était à Lesconil et à Plozevet. A l'époque, on passait obligatoirement par la Caravelle et le Vaurien.

Puis j'ai rencontré un fou de voile qui possédait un 420, et qui passait ses vacances à Arcachon. Nous naviguions sur le lac de la Forêt d'Orient (en ce temps-là le lac du Der n'existait pas encore) et sur le bassin en été. Sans compter une mémorable tentative de traversée nocturne entre Royan et La Rochelle à bord d'un Challenger.

J'ai ensuite décidé de construire un petit bateau. Mon choix s'est porté sur un Dinghy Mirror vendu en kit, à cause de son prix extrêmement abordable et de la facilité de sa construction. J'ai acheté une petite chignole à main, quelques limes et quelques tournevis, et je me suis lancé. Plus de 6 mois de travail dans un garage loué pour l'occasion. (J'ai construit un autre petit bateau plus tard sur des plans publiés par Système D, mais je ne l'ai plus. Il ne portait pas de nom.)

J'ai appelé ce bateau Wrenna. C'est un mot en vieil anglais qui désigne un petit oiseau qu'on appelle en français roitelet. Pourquoi ce nom ? Parce qu'entre temps mon fils était né. Roitelet, petit roi, bof, un peu capilotracté comme on dit, mais bon, ça me plaisait bien.

Pendant d'innombrables années, nous avons navigué en famille (avec ma fille née un an plus tard) sur la Marne, sur le lac de la Forêt d'Orient, sur le lac du Der, et toutes les vacances de printemps et d'été sur l'étang de Berre (à partir des Heures Claires) et à Carro (Côte Bleue.) Le petit bateau sort encore régulièrement, et je viens récemment de lui refaire une beauté. J'en suis très fier.

Wrenna avant sa première mise à l'eau aux Heures Claires. Le petit prince est dans les bras de sa maman. La voiture, ma première, est une Fiat 850. Quelle époque !

Wrenna avant sa première mise à l'eau aux Heures Claires. Le petit prince est dans les bras de sa maman. La voiture, ma première, est une Fiat 850. Quelle époque !

Wrenna sur la Marne, avec son mât d'un seul tenant et son bout-dehors fabriqués par mes soins, et son génois conçu par un ami couturier complètement louftingue qui avait traversé le Golfe du Lion en solitaire sur un Golif avec pour seule cartographie des

Wrenna sur la Marne, avec son mât d'un seul tenant et son bout-dehors fabriqués par mes soins, et son génois conçu par un ami couturier complètement louftingue qui avait traversé le Golfe du Lion en solitaire sur un Golif avec pour seule cartographie des cartes routières Michelin de la France et de l'Espagne au 1/1 000 000ème. Le Golif en question existe toujours, il a longtemps navigué sur le Der, il est maintenant au sec à Châlons-en-Champagne dans le jardin des parents d'un pote. Avant de repartir pour de nouvelles aventures.

Bon d'accord, c'est pas le Cap Horn, mais c'est sympa quand même.

Wrenna à La Redonne. Mon beau-père, un ancien pêcheur en Algérie, m'avait dit : "Tu es sûr qu'il ne sera pas jaloux, ton bateau ?" Il voulait dire par là : "Tu es sûr qu'il ne penchera  pas d'un côté ?" Quelle idée ! Evidemment qu'il ne penche pas !

Wrenna à La Redonne. Mon beau-père, un ancien pêcheur en Algérie, m'avait dit : "Tu es sûr qu'il ne sera pas jaloux, ton bateau ?" Il voulait dire par là : "Tu es sûr qu'il ne penchera pas d'un côté ?" Quelle idée ! Evidemment qu'il ne penche pas !

On en est aujourd'hui à plus de 70000. Wrenna est un monument historique.

On en est aujourd'hui à plus de 70000. Wrenna est un monument historique.

Wrenna après son petit toilettage de cet hiver.

Wrenna après son petit toilettage de cet hiver.

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Un Mirror dans le petit port irlandais de Baltimore, co West Cork.

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Un autre sur la Kenmare River devant le Great Southern Hotel de Parknasilla, Sneem (co Kerry)

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Compétition à Weymouth (Dorset, GB). Les gosses se régalent.

Maintenant, le Mirror est construit en plastique, il a un mât d'un seul tenant en alliage léger à la place de l'ancien gréement "Gunter rig" en bois, et un spi. Son accastillage est devenu hyper sophistiqué. Ce n'est plus du tout le concept d'origine, à savoir : un dériveur familial bon marché (j'ai payé le kit complet moins de 1400 francs à l'époque) destiné à rendre la voile accessible à tous, et transportable sur n'importe quelle petite voiture. Il est devenu une bête de course.

Il n'en reste pas moins que c'est un petit bateau extrêmement marin, pas très rapide, mais qui procure des sensations extraordinaires. Il paraît même d'après Wikipedia qu'un Mirror a rallié Liverpool à la Mer Noire en navigation côtière, et en solitaire. Il faut le faire.

Je joins dans les liens l'adresse d'une vidéo YouTube sur le dernier championnat du monde en Afrique du Sud, qui a réuni 80 bateaux en janvier 2007.

Il y a des tas d'autres clips sur le Mirror, il suffit de taper "Mirror Dinghy Sailing."

jeudi 15 mai 2008

Le deuxième du nom

Quelques années plus tard, mon fils s'est acheté un petit Rocca Junior qui a été longtemps basé à l'Estaque. Il l'a appelé Wrenna II. Balades dans la rade de Marseille, plongées à Niolon, visites aux Iles du Frioul, ski nautique et wakeboard. Il ne faut pas qu'il y ait trop de mer, mais quand il déjauge, ça décoiffe.

Le bateau était aux Marines de Cogolin l'été dernier, où mon fiston travaillait comme marin de port, et faisait office de navette entre le Wrenna IV et la capitainerie. Hors de leurs heures de service, il servait à mon fils et à ses potes pour faire du wake dans la baie de St Trop, parfois très tard le soir.

Il est désormais à sec à Fréjus, où nous l'utilisons pour nous balader dans le golfe quand l'occasion se présente, aller voir des copains à Santa Lucia, aller plonger à l'Ile d'Or, ou aller pique-niquer dans la rade d'Agay. Quelques parties de pêche, mais aucune prise (sauf un jour une mouette avec un rapala plongeur.) Avec nous, les poissons n'ont pas grand-chose à craindre.

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Wrenna II à l'Estaque, avant une virée vers Niolon.

Le troisième du nom

Il y a 4 ans, mon fils m'a dit : "Papa, tu ne veux pas qu'on achète un gros bateau à moteur ?" J'ai répondu : "A moteur, non, mais si tu trouves une bonne occase d'Etap 28i sur la côte, alors là d'accord." (Il habitait à Aix en Provence.)

En février 2005, il déniche l'oiseau rare à Fréjus. Bateau en superbe état, prix défiant toute concurrence. Le propriétaire, d'après ce que j'ai compris, voulait s'en débarrasser le plus vite possible pour des raisons conjugales. Une semaine plus tard, je l'achetais après expertise positive, et je le rebaptisais Wrenna III.

Depuis 3 ans, que du bonheur. Nous passons toutes nos vacances à bord, hiver comme été. Nous écumons toute la côte de Porquerolles à l'Italie, et nous allons en Corse dès que la météo le permet. Mon fils, en attente d'un stage de Capitaine 200 à Nice, vit à bord presque en permanence. Bon, il manque un peu pour moi de hauteur sous barrots, on est un peu à l'étroit quand nous partons à 5, c'est un peu le désordre à l'intérieur avec tout ce qui s'accumule depuis plusieurs années, mais on fait avec. De toute façon, j'aurais difficilement les moyens d'assumer plus grand, bien que je rêve d'un 34/35 pieds.

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Wrenna III à Fréjus. En été, on l'amarre "à l'envers." C'est un peu acrobatique pour monter à bord, mais ça nous permet de préserver un peu d'intimité le soir quand il y a du monde sur le ponton. Le problème, c'est pour repartir en marche arrière. S'il y a un peu de vent de travers, on se retrouve vite dans les bateaux d'en face.

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Escale à Ste Maxime

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Le petit prince à la manœuvre. Il a un peu grandi depuis les Heures Claires.

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Petite sortie en avril dans le golfe de Fréjus. Ca piaule un peu, et tout le monde n'est pas vraiment à l'aise.

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Accueil à bord. On n'est pas des champenois pour rien.

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Le père et le fils, un soir d'octobre glacial et de pétole dans le Golfe de St Tropez. Devinez qui est qui.

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Arrivée un soir d'avril sur La Rague, après un mouillage aux Lérins. Somptueux.

Et finalement le quatrième

Dernier Wrenna provisoire de la lignée, un Cranchi Clipper 760 acheté par mon fils il y a deux ans. Un engin qui marche à 30nds avec 2 Volvo de 205 CV. Nous les parents n'étions pas trop d'accord sur cet achat, mais quand les gosses ont une idée en tête … Et puis il en rêvait depuis si longtemps ! Pas (trop) cher à l'achat, mais un gouffre à carburant dès qu'on pousse un peu les manettes. Quel est l'intérêt de ce genre de bateau si on ne pousse pas un peu les manettes ? Il est resté plus d'un an à sec pour le restaurer avant sa remise à l'eau en juillet dernier, dans le vieux port de St Raphaël.

Il est désormais basé aux Marines de Cogolin, et il lui sert de logement quand mon fils travaille sur le port. Il frime un max dans le Golfe de St Tropez (mais en respectant la limitation de vitesse), il va se balader à Ste Maxime et à Port Grimaud, il va tourner autour des méga trucs ancrés devant St Trop. Il emmène ses copines faire des virées en mer, parce que quand il les emmène sur l'Etap, elles sont malades, elles s'ennuient, elles ne peuvent pas faire de ski nautique. Evidemment, à 5nds, c'est un peu difficile de sortir de l'eau. Bref, c'est moins classe. Si la mer est belle, on fonce plein est vers les Iles de Lérins, on mouille, on se baigne, on essaie de pêcher (sans grand succès pour l'instant), on casse la croûte, on roupille. La belle vie. Dommage qu'on vide le réservoir en 3 heures de nav.

Mine de rien, tout confort quand même : WC chimiques, douchette, petit réchaud à alcool, évier, frigo, 2 couchettes. Mais le coffre à l'arrière qui abrite les deux monstres bouffe la moitié de l'espace.

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Wrenna IV à Cogolin

vendredi 16 mai 2008

Bilan

Voilà, nous avons une véritable flottille qui bouffe tout notre fric : anneaux, entretien, carburant, assurances, DAN, AR domicile-Fréjus, etc. C'est un peu débile, mais on s'en fout. On aurait pu essayer de revendre les deux petits bateaux, mais on y tient trop, surtout au dériveur. Et ce n'est pas eux qui coûtent le plus cher.

Et puis il suffit d'un retour Scandola-Calvi sous spi par vent de 5nds et mer belle avec le soleil qui s'incline à l'horizon, une copine à l'avant qui savoure une petite mousse et la perspective d'un apéro dans un bar sur le port avec des copains qui arrivent de Fréjus pour que nous soyons heureux. Il suffit d'une traversée avec des potes où on passe la nuit à discuter de tout et de rien dans le cockpit pendant que le bateau avance tout seul, ou un mouillage à St Honorat un soir d'été où il n'y a presque personne (ça arrive) avec le soleil qui se couche au-dessus de l'Esterel, pendant qu'on déguste les oursins offerts par un plaisancier de passage pour que notre bonheur soit complet.

Quand bientôt notre petite fille va prendre la barre et me demander si elle est sur le bon cap, alors là, ça sera l'extase.

Et en plus Port Fréjus c'est le pied.

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Départ pour Calvi. Ah bon, vous aussi vous trouvez que le lazy bag est un peu pourri ?

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Retour sur Calvi depuis la Scandola.

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Traversée Calvi-Fréjus, quelques heures avant le mistral. Mon pote se prépare au coup de tabac.

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L'équipage se repose après une nuit d'insomnie.

Les travaux à bord de Wrenna III

Nous n'avons pas eu à apporter beaucoup de modifications à bord depuis trois ans.

- Fabrication d'une nouvelle passerelle. Coût : environ 30€.

- Achat d'une véritable annexe avec son HB, pour remplacer une sorte de bouée à rames qui se dégonflait en 5 minutes (c'est maintenant l'annexe de Wrenna IV.)

- Remplacement de la vieille VHF fixe défaillante par une ASN reliée au GPS du bord.

- Achat d'un nouveau pilote ST 1000+, parce que je croyais que mon vieux AH 800 avait rendu l'âme. En fait, c'était un simple problème de masse dans le boîtier électrique. Donc maintenant on a deux pilotes.

- Réfection de tous les rideaux.

- Quelques menus travaux de menuiserie à l'intérieur (une étagère supplémentaire dans la cabine arrière au-dessus du moteur, par exemple)

- Installation d'une antenne TV TNT sur le balcon arrière.

Il y aurait encore beaucoup à faire, en particulier changer la GV et son lazy bag qui ont déjà beaucoup donné. Le génois n'est pas terrible, il est très lourd, mais il est relativement récent. En revanche, le spi asymétrique Elvström (un Stromer) est absolument superbe. Il n'avait pratiquement jamais servi quand j'ai acheté le bateau.

On envisage aussi d'installer deux batteries de service de 105 Ah pour remplacer l'actuelle et unique batterie de 75. On est un peu juste au mouillage : même en faisant gaffe à l'éclairage (on se sert d'un camping gaz et de petites lampes solaires), avec le feu de mouillage, une ou deux petites douches, la glacière, le groupe eau pour l'évier, l'alarme mouillage du GPS, on est quasiment à plat le lendemain matin.

Sinon, j'ai un petit portable HP à bord pour la télé, les DVD, les photos, la Wifi, les fax météo (ça, c'est pour le fun, ça ne vaut pas Monaco Radio), et bien sûr la nav. J'utilise Mapsea avec les cartes scannées du Shom. L'ordi est relié par une prise USB à un Magellan Meridian Color qui nous sert de répétiteur de cockpit. On le pose sur son support en haut de la descente, avec une rallonge électrique. (La cartographie intégrée dans le GPS est quasiment illisible.) Il se casse parfois la figure quand ça bouge, mais la config nous convient très bien ainsi. Seul petit regret : j'aurais dû acheter un modèle moins cher, les fonctions de base suffisent largement. On n'utilise qu'un seul écran (Ecran des données en gros caractères) où très souvent on ne lit que le cap et la vitesse, puisque la nav se fait uniquement sur l'ordi. On a aussi un speedo dans le cockpit, mais les coupelles se bloquent régulièrement, et on ne plonge pas tous les jours pour les dégager. D'où l'intérêt du GPS, ne serait-ce que pour ne pas dépasser 3nds dans les ports.

J'avoue que j'utilise aussi PhotoExploreur de Bayo avec des cartes IGN au 25000ème et des photos aériennes en navigation côtière. C'est bien utile pour savoir ce que l'on voit sur la côte, et c'est marrant de voir son bateau se déplacer sur une photo.

On carène tout seuls maintenant. Finalement, ce n'est pas si sorcier que ça pour un 28 pieds, même si c'est un peu pénible par fort mistral. Je ne suis pas certain que nous fassions beaucoup d'économies, vu qu'on passe deux nuits à l'hôtel, mais au moins le travail est fait, et bien fait. Par exemple, nous avons recollé la bavette de l'embase, et cette fois-ci elle tient, alors que depuis 3 ans elle pendait lamentablement au bout d'une semaine pour cause de collage fait n'importe comment juste avant la remise à l'eau.

Et puis il y a une bonne ambiance sur le chantier le weekend, une demi douzaine de propriétaires qui font la même chose que nous, plus des copains qui viennent nous rendre visite. On discute, on s'entre aide, on se prête des outils (on a toujours oublié de prendre un truc ou deux), on boit un coup. Le lundi matin, il y a toujours un ouvrier du chantier qui nous donne un conseil ou un coup de main en cas de problème mécanique, et qui nous ouvre l'atelier. La dernière fois, ça nous a coûté 300€ : grutage, calage, parking, eau, électricité, remise à l'eau. Il faut bien sûr rajouter l'antifouling et les menues fournitures, mais bon, c'est pas la ruine.

En tout cas, le bateau, quel qu'il soit, c'est le pied.

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Une passerelle à 30€ (fabrication maison)

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La "centrale de navigation." On voit la liaison entre le PC et le GPS posé dans le cockpit, scotchée au-dessus de la porte des toilettes.

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Ca, c'est la cerise sur le gâteau pour ceux qui seront venus jusque là : le grand-père et la future skippette sur la plage de Fréjus.

dimanche 18 mai 2008

Projets

Mon épouse et moi-même serons bientôt tous les deux en retraite, et nous ne savons pas trop quoi faire encore. Nous aimerions acheter un bateau un tantinet plus grand, 34/35 pieds maximum, pour disposer d'un espace de vie un peu plus confortable, et pouvoir partir un peu plus loin tout en restant dans un budget "raisonnable." (Je mets des guillemets parce que j'ai bien conscience que nous sommes des privilégiés par rapport à des familles qui doivent vivre tous les mois avec ce que nous, nous dépensons tous les mois pour nos bateaux.) J'arpente les pontons, j'épluche les petites annonces, je cherche sur Internet. Pour l'instant, je n'ai rien trouvé qui me convienne. J'aimerais bien un Etap 32i. Mais je ne suis pas pressé.

Partir aux antipodes ? Probablement pas. Une virée en Med orientale nous conviendrait bien : Croatie, Grèce, Turquie, ce n'est pas le bout du monde, mais c'est déjà pas mal.

Nous n'avons pas l'intention de tout quitter. Nous adorons notre maison marnaise, à laquelle nous avons consacré des milliers d'heures de travail. J'aime notre climat pourri, avec ses alternances de brouillard, de pluie, de neige parfois, mais aussi de grand beau temps et parfois même de sécheresse. J'aime l'odeur de la terre humide, j'aime le froid des petits matins d'hiver, j'aime les ciels d'automne qui me rappellent l'Irlande et les soirées sinistres de novembre quand ça piaule dehors et qu'il tombe des cordes, mais où tout le monde est bien au chaud devant la cheminée. Pas question de quitter tout cela de façon définitive. De toute façon, même si nous revendions notre maison, nous n'aurions même pas les moyens d'acheter un Amel 54 d'occase.

Alors quoi ? Nous allons sans doute partager notre vie entre la Marne et le Var, sans aucune contrainte de temps ni de dates. Je rêve aussi d'un autre truc : revenir un jour chez nous par les cours d'eau avec Wrenna III (il y a un petit port fluvial à quelques kilomètres à peine de chez nous.) J'ai déjà acheté les cartes de navigation fluviale, le nombre d'écluses est impressionnant. On y passera le temps qu'il faudra, 1 mois, 2 mois, peu importe. Flânerie le long des canaux, tourisme, rencontres avec les mariniers, balades en VTT sur les chemins de halage (je sais, c'est en principe interdit, mais tant pis.) Et ensuite retour sur la côte pour la saison suivante par le même itinéraire. Mon seul souci : la remontée du Rhône. Mon petit moteur de 18 CV sera-t-il assez puissant pour affronter les courants du grand fleuve ?

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Porquerolles au printemps. Pas besoin pour nous d'aller chercher le paradis au bout du monde, il est à 8 heures de nav. Et des paradis comme ça (enfin, presque comme ça), il y en a tout le long de la côte, sans parler de la Corse.

samedi 31 mai 2008

Les anneaux des Wrenna

Je fais comme d'autres bloggeurs, je joins des photos aériennes de l'emplacement de nos bateaux. Ce sont des orthophotos IGN, disponibles sur les DVD PhotoExploreur de Bayo, les mêmes que sur le Géoportail. Elles sont parfois de qualité inégale. Celles de Cogolin ou de Saint Tropez en particulier ne sont pas géniales.

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Wrenna III à Port Fréjus. Pourvu que nous puissions conserver cet emplacement. Tout le monde est bienvenu à bord, il y a toujours du champagne au frais pour les amis de passage.

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Wrenna IV aux Marines de Cogolin (Bassin de la Cascadelle.) La rivière en haut de la photo est la Giscle, qui sépare les Marines de Port-Grimaud. La présence de champagne à bord est plus aléatoire.

dimanche 01 juin 2008

Fond d'écran

Ca, c'est mon fond d'écran sur l'ordinateur de bord. La photo a été prise le mercredi 8 août 2007 à bord du SunKiss 45 d'un pote de ponton. Nous sommes partis tous les deux de Fréjus vers Calvi malgré le BMS qui annonçait un mistral 7/8 avec rafales à 9 au large, mer forte. Mais la philosophie de mon pote est la suivante : "La météo, tu l'écoutes après. Si tu l'écoutes avant, tu ne sors jamais."

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Arrivée sur la Revellata vers 19 heures, 15 heures après notre départ. Moyenne : 7 nds, avec des pointes à 9 sous génois seul. Pas mal pour un bateau de croisière qui déplace 12 tonnes.

Les photos ne donnent pas vraiment une idée de l'état de la mer. Les vidéos de Vasko filmées le même jour sont beaucoup plus parlantes (je prends la liberté de publier leur adresse, puisqu'elles sont sur un site pubic.) Cf les liens. Au large, c'était pire.

Traversée superbe, mais nuit d'angoisse à Calvi, où nous avons mouillé tout au fond à gauche (le port était plein comme un œuf, et toutes les bouées étaient prises.) 37 nds de vent dans le golfe, on voyait la quille des autres bateaux au mouillage. Finalement, on n'a pas bougé d'un millimètre.

Le retour en ferry pour moi a été autrement plus mouvementé. Mais c'est une autre histoire.

mardi 03 juin 2008

Introduction

La Corse nous a toujours fascinés. Mon épouse et moi-même la connaissons depuis la fin des années 60 (à l'époque, nous ne nous étions pas encore rencontrés.) Nous y sommes retournés très souvent ensemble depuis, et nous y repartons maintenant sur notre bateau dès que les conditions météo sont favorables.

J'ai commencé une collection d'ouvrages sur la Corse, mais j'ai du mal à suivre. Les parutions se succèdent à un rythme effréné.

Je publie ici le récit d'un séjour "terrestre" au printemps 2004, et quelques souvenirs d'un séjour au mois d'août de la même année. Ce sont des notes de voyage (presque) brutes de décoffrage. Je vais essayer de poster les billets pour qu'ils puissent être lus dans l'ordre chronologique du voyage.

Ca n'a pas grand chose à voir avec la navigation, mais j'ai pensé que ça pourrait être sympa pour ceux qui ont envie de découvrir la Corse.

(Bernadette est le prénom de mon épouse, Ludo(vic) et Agnès ceux de mes enfants. Mais vous l'auriez compris. A l'époque de ces séjours, mon fils travaillait sur l'île.)

mercredi 04 juin 2008

Samedi 17 avril

  • Lever 5 heures, départ 6 h 30 de Matougues (c'est notre patelin) avec une navette, destination Orly Ouest.
  • Prise en charge au passage d'un couple de sparnaciens (habitants d'Epernay.) Le mari est un con fini, il se conduit comme un goujat avec le chauffeur de la navette. Menaces bidon du style "Vous allez voir ce que vous allez voir" parce qu'il a peur d'être en retard à Roissy et qu'il voudrait qu'on le dépose à l'aéroport avant nous. Le chauffeur, très diplomate, parvient à garder son sang-froid. (J'espère que les sparnaciens seront arrivés à temps à Roissy pour prendre leur avion.)
  • Départ prévu à 10 h 25 d'Orly Ouest. Petit déj' au bar de l'aéroport (un faux truc irlandais.) Grève des personnels de sécurité, plus de 2 heures de queue à 2 comptoirs différents, d'où départ effectif vers 13 heures. Episode du vieux monsieur qui veut monter dans l'avion avec ses canifs, de la vieille dame qui passe sans prendre sa carte d'embarquement, et problème dans l'avion à cause d'une famille avec 3 gosses et des béquilles de Bernadette (elle a récemment été opérée du genou, il faut qu'elle soit près de l'issue de secours.) Résultat : on n'a pas nos places. Un mec obligé de changer de siège me fait une gueule pas possible alors que je n'y suis pour rien. Je propose au stewart de m'installer dans les toilettes pour régler le problème, mais il ne répond pas. Plus tard, il me remerciera d'avoir été aussi compréhensif.
  • Arrivée à Ajaccio à 14 h 30, prise en charge de la voiture de location, arrivée à l'hôtel Impérial.
  • 15 heures : impossible de trouver un restaurant encore ouvert. Sandwiches minables au bar de la plage St François, au milieu des joueurs de boules. Je découvre la Piétra.
  • Promenade pédestre dans la ville : citadelle, port de plaisance, vieille ville. Retour par la place Foch, l'avenue de Paris et le cours Grandval.
  • Balade en voiture sur la route des Sanguinaires. Quelques hectomètres à pied jusqu'au belvédère de la Pointe de la Parata : le temps est pourri, ça piaule un max, on se les gèle, mais la vue est superbe quand même. Au retour, Bernadette achète des confiseries à un marchand ambulant pendant que je bois une Piétra au bistrot en écoutant une conversation de pêcheurs.
  • Dîner à l'hôtel.

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La Parata et les Sanguinaires par une froide et venteuse soirée d'avril.

Dimanche 18 avril

  • Départ de l'hôtel vers 9 h 30, direction le sud.
  • Arrêt sur la plage de Porticcio : c'est nul. Pas un chat, le temps est bouché, le seul mec présent du coin me dit que ce sont les touristes qui ont apporté le mauvais temps. Très drôle.

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  • Presqu'île d'Isolella et Pointe de Sette Nave. Toujours personne, un vieux VW pourri abandonné, des maisons inhabitées quasiment construites dans la mer.
  • Poursuite par la D 155 jusqu'à Acqua Doria, virage à gauche par la D 55A jusqu'à Coti-Chiavari. Vue sublime sur la baie d'Ajaccio, avec l'église au premier plan, et quelques chevaux qui visiblement se font royalement chier.

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  • On bouffe au "A Storia", anciennement "A Cutese." Nous sommes les premiers clients de la saison. Les deux dames présentes (la patronne et sa fille, sans doute) n'ont toujours pas été livrées. Elles puisent dans leur frigo personnel pour nous servir à manger. On cause pendant deux heures, la fille veut nous faire découvrir toute la région, elle nous sort tous les guides qui traînent dans la salle de resto, elle nous fait écouter tous les CD de musique corse dont elle dispose. La mère m'explique ce qu'elle a fait de l'ancien bâtiment qui abritait les officiers du pénitencier, on parle de musique, elle nous dresse une liste de tous les disques qu'il faut absolument acheter. Des instants extrêmement chaleureux.
  • Finalement, histoire de distiller l'eau de vie qu'elles nous ont offerte, nous allons nous balader à pied au-dessus du village vers un sommet où est érigée une énorme antenne, d'où nous avons une vue splendide sur deux golfes : celui d'Ajaccio et celui de Valinco. Mais les abords sont complètement pourris : vieilles carcasses de voitures, de caravanes, d'engins de la DDE. Beurk.

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  • Retour par les cols de Cortone, de Chenova, de Luminataja ; puis la N 196 jusqu'à Cauro, et la D 27 jusqu'à Bastelica. Joueurs de cartes folko au bistrot local. Les femmes et les enfants dans une salle, les hommes dans une autre. Ils hurlent à qui mieux mieux pour tenter d'impressionner l'adversaire. Un gars redescend de la montagne avec des skis de rando sur l'épaule.
  • Descente par les Gorges du Prunelli. Magnifique. Le soleil revient. Arrivée à Ajaccio.

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  • Dîner à l'hôtel.

Lundi 19 avril

  • Départ pour le nord. Accident mortel dans le Col de San Bastanio quelques minutes avant qu'on arrive. Bernadette regarde le cadavre, et ensuite elle a envie de dégueuler dans la voiture. Corse Matin raconte n'importe quoi le lendemain.
  • Cargèse : visite des deux églises, longue promenade dans le village, beaucoup de voitures de continentaux. Bistrot. Les mêmes mecs que partout ailleurs jouent les mêmes parties de cartes en hurlant le même sabir franco-corse. Il y en a quand même un qui dit de son partenaire à un client qui se casse : "N'ayez pas peur, il aboie mais il mord pas."

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L'église latine de Cargèse.

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L'église grecque de Cargèse. Un seul prêtre officie pour les deux communautés, et la messe est dite tour à tour dans l'une des deux églises. Bel exemple de tolérance religieuse.

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  • Piana. Super resto : "Le Casanova", recommandé par le Routard. En plus, la serveuse a un petit cul croquignolet à souhait. Balade dans le village.
  • Les Calanche. Temps un peu couvert, mais paysage superbe quand même. Toujours pratiquement pas un chat.

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Les Calanques de Piana au mois d'avril. Il n'y a pas encore trop de monde.

  • Porto. Bof. Des immeubles hideux, des restos, des magasins à touristes, au mauvais sens du terme. Je suis un touriste, j'assume ma situation, mais là j'ai vraiment l'impression qu'on essaie de me prendre pour un pigeon. La visite de la tour génoise est payante. A oublier.

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C'est beau quand même.

  • Porto-Evisa par les Gorges de Spelunca. Somptueux, mais pas moyen de s'arrêter pour prendre des photos : il y a trois cars devant nous qui monopolisent tous les parkings. En été, quand il y a trois cents cars à l'heure, ça doit être infernal. Bernadette roupille.
  • Evisa-Vico. Il pleut, il grêle, la vue est complètement bouchée. Je finis par trouver la pharmacie Callay (j'ai eu le fils du pharmacien comme élève en prépa.) Une vieille échoppe avec des armoires vitrées en bois, on se croirait au siècle dernier. La vendeuse daigne se manifester au bout d'un quart d'heure, pendant que je me gèle les couilles sous la flotte : non, Mr Callay n'est pas là, il ne vient que le matin pour l'ouverture et le soir pour la fermeture. Je laisse mes coordonnées.
  • Retour sur Ajaccio. Le menu de l'hôtel n'est pas terrible. Nous allons dîner au "Paradiso", presque en face. L'ambiance n'est pas folichonne. A part nous, il n'y a qu'un autre client. On discute un peu avec les patrons.
  • Gros orage pendant la nuit.

Mardi 20 avril

  • Départ pour Corte par un temps mitigé. La route (N 193) est absolument superbe. Pratiquement pas de circulation.
  • A partir du Col de Vizzavona, le temps change complètement : c'est le grand beau. Encore de la neige au col.
  • A Vivario, crochet vers Vezzani, et pèlerinage à Pietroso, sur les traces de l'adolescence de Bernadette. Pas un chat. On finit par retrouver ce qui peut-être a été le théâtre de ses premiers émois. Il ne reste qu'une ruine de bâtiment délabré. Tout le site est envahi de ronces et de décharges sauvages. Le seul bar du coin - Le Bar des Amis - ferme à midi.

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Le village de Vivario, au pied du col de Vizzavona.

  • Retour à Vezzani, et arrêt au bistrot. Miracle : la patronne se souvient très bien de Compagnon Ville dans les années 60. Son père, boucher à l'époque, livrait la viande au camp d'ados. Elle se souvient du nom du maire qui avait lancé le projet, et du nom des vedettes du show-biz qui venaient se produire à Pietroso. Long palabre vachement sympa.
  • Redescente dans la vallée. Long arrêt à l'entrée de Venaco, dans un petit resto à l'entrée du village.
  • Arrivée au gîte "U San Gavinu." Somptueux.
  • Visite pédestre de Corte. Impression très mitigée au premier abord. Je rentre dans une librairie pour acheter le bouquin de Dorothy Carrington : "Granite Island, A Portrait of Corsica", et je tombe sur une certaine Arlette Shleifer, qui dédicace son roman : "Piège détaché." Je tombe dans le piège, j'achète le livre, je le lis : c'est navrant de connerie et de prétention.

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Architecture urbaine typique de Haute-Corse. C'est l'envers du décor.

  • Soirée au gîte : apéritif, repas fabuleux, vin à volonté, digestif. Grandiose.

jeudi 05 juin 2008

Mercredi 21 avril

  • Départ pour les Gorges de la Restonica. Temps superbe, route étroite à souhait. Pas un chat à la montée.

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Un petit bout de chemin vers le lac de Melo à partir du parking. Nous allons très vite être dans la neige.

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Que la montagne corse est belle au printemps ! Je ne sais pas quel est ce sommet au dessus de Grotelle, peut-être le Capu A Chiostru ?

  • Arrêt au retour à la Bergerie de Grotelle pour un petit rafraîchissement. Le gardien trouve que je parle trop. Je lui demande gentiment : "C'est vous qui les fabriquez, ces jambons ?" Il me répond : "Tu poses trop de questions, mon gars." Typique. Halte sur la route du retour à l'auberge "Chez César" pour le déjeuner. Long palabre avec un ancien d'Algérie. César me conseille de m'arrêter chez Dominique Colonna, le gardien de but de l'équipe de Reims au temps de sa splendeur. "Ça lui fera plaisir."

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  • Ce que nous faisons. Dominique Colonna me reçoit dans son superbe complexe hôtelier. Il a 76 ans, il est en train de construire une deuxième piscine avec son fils, il est d'une gentillesse infinie. (Un match Reims-Monaco est le seul match de foot auquel j'ai assisté de ma vie. Reims à l'époque avait gagné 4-0. Il y avait Colonna, Piantoni, Fontaine, Kopa, d'autres dont les noms m'échappent. C'était en … ? j'ai oublié. Je me souviens juste que l'étais tout petit.)
  • Toutes les chambres de son hôtel portent les noms de ses anciens co-équipiers du stade de Reims. Il partait quelques jours plus tard avec tous ses vieux potes qu'il voit toujours régulièrement pour inaugurer une tribune Roger Piantoni à Marcel Picot, si je me souviens bien.
  • (Cf le lien de son hôtel)
  • Après-midi : rebalade dans la ville, et visite du Musée de Corte. Au rez-de-chaussée, une expo photos sur les gens du Cortenais. Parmi les premiers clichés, oh surprise, une photo de Dominique.

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  • Sinon, grosse déception. Le premier étage du musée est pratiquement vide, et la salle de la phonothèque absolument déserte. Il faut prendre rendez-vous avec le responsable, ce que Bernadette fait aussitôt. Explications très détaillées sur les polyphonies corses, et conseil éclairé sur un revendeur local.
  • (Entre temps, gros problème avec ma carte bleue de la Caisse d'Epargne pour prendre du liquide. On perd deux heures.)
  • Passage à Musica Vostra, juste en face. En une heure, le vendeur nous constitue une discographie de base d'une dizaine de CD : on ne se lasse pas de les écouter.
  • Soirée à San Gavinu. Idem la veille.

vendredi 06 juin 2008

Jeudi 22 avril

  • Départ pour les Gorges de l'Asco. Beau temps, route déserte. Paysage magnifique.
  • Station de ski du Haut-Asco au pied du Monte Cinto : une désolation. Grand bâtiment désaffecté, tire-fesse hors d'usage. La station a été plastiquée. Un couple de promeneurs passe sans répondre à notre bonjour. Un ouvrier travaille dans le bâtiment, je lui demande ce qu'il fait, il ne sait pas, ou bien il ne tient pas à me le dire. Seul un petit refuge exclusivement destiné aux randonneurs du GR 20 est ouvert, mais il n'y a personne.

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Ce qu'il reste de la station de ski du Haut-Asco.

  • On repasse à Corte, et on prend la route d'Aléria. Pont génois sur le Tavignano. A quelques encablures d'Aléria, nous croisons un camion fou qui nous balance pratiquement dans le fossé.

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Pont génois.

  • Déjeuner à la terrasse d'un resto. Il y a des gendarmes partout, armés jusqu'aux dents. Nous apprendrons plus tard qu'un camion de la Seita vient d'être dérobé à Bastia avec une cargaison de 600 000 € de cigarettes à bord. La technique, d'après les journaux, est la suivante : plusieurs camions sont volés au même moment et partent à toute allure dans des directions différentes. Les gendarmes ne savent plus où donner de la tête. Pendant ce temps-là, la cargaison du vrai camion est embarquée discrètement à bord de fastboats pour être revendue je ne sais où.
  • Sinon, Aléria, c'est pas terrible. Des ados désoeuvrés nous font chier avec leurs mobs.
  • Route jusqu'à Prunete à travers la plaine orientale (bof), puis virage à gauche vers la Castagniccia. Route tortueuse. Des collines partout couvertes de châtaigniers qui paraissent crevés, toutes couronnées d'un village au sommet. Cochons et ânes déambulent en liberté.

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Le lac de barrage de l'Alesani en Castagniccia.

  • On finit par arriver à Pietricaggio. Un vieux pote à moi originaire du village y établit ses quartiers d'été, mais je ne sais pas où il habite exactement. Quelques maisons, la plupart fermées, et pas un chat sauf un vieux monsieur qui rentre de balade. Bien sûr qu'il connaît Pierre et Denise, Mr Raffaelli, mais ils ne sont pas là. Ils sont à Borgo jusqu'à mi-mai. Vous tournez à droite avant le magasin Coccinelle, et ensuite c'est tout droit, vous ne pouvez pas les rater. Tu parles ! Heureusement qu'on trouve l'adresse exacte dans l'annuaire.
  • Arrêt Piétra sur la place de l'église de Piedicroce. Retour par Morosaglia (il est trop tard pour visiter la maison natale de Pasquale Paoli) et Ponte-Leccia.

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L'église St Pierre St Paul à Piedicroce.

  • Dîner au gîte.

Vendredi 23 avril

  • Avant que nous partions, Antoine Valentini, le propriétaire du gîte, nous fait un cours sur l'aromathérapie. Bernadette achète quelques minuscules flacons d'huiles essentielles, hors de prix.
  • Départ en direction de Bastia. A Borgo, nous finissons par dénicher la maison de nos amis corses vers 11 h 30. On ne s'est pas vu depuis plus de 20 ans. Apéro et palabres jusqu'à 14 heures. Ils nous invitent le lendemain soir.
  • Arrivée au Pietracap. L'hôtel est situé au nord de Bastia, sur la route qui va de Pietranera à San Martino di Lota (Pietranera comme le village de Colomba dans le roman de P. Mérimée, mais en fait il n'y a strictement aucun rapport.) La chambre est gigantesque. Nous avons un balcon qui donne sur les jardins de l'hôtel, la piscine et au loin la mer.
  • Retour en ville. Sandwiches dans un bistrot du port (il est 4 heures de l'après-midi), balade sur le vieux port.

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Le Napoléon Bonaparte à quai.

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Un bâtiment emblématique de Bastia : l'église Saint Jean Baptiste.

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Architecture bastiaise.

  • Dîner au Lavezzi. On ne peut pas rester sur le balcon, il fait trop frais. Le resto est le plus vieux de Bastia ; c'est sans doute celui dont parle D. Carrington dans son bouquin. Très chic et chouette, dixit Bernadette.

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Le veux port le soir, vu du balcon du Lavezzi.

Samedi 24 avril

  • Bernadette déjeune seule sur la terrasse pendant que je discute avec le directeur de l'hôtel, un certain Mr Raffaelli originaire de Vezzani. Aucun rapport avec l'autre.
  • Marché de Bastia derrière l'église St Jean Baptiste. Quelques achats (confiture de cédrats et gâteau aux châtaignes.)

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Le marché.

  • Départ pour le Cap Corse par la route de l'est. Premier arrêt à San Martino di Lota : la montagne en face a été ravagée par le feu l'année dernière. Tout a brûlé jusqu'à la mer.
  • Arrêt au petit port d'Erbalunga. Apéro avec un couple de continentaux qui ont acheté une maison dans le coin il y a 30 ans. Ils nous parlent de leur coup de foudre.

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Le port d'Erbalunga.

  • Succession de marines et de tours génoises jusqu'à Macinaggio. Le temps est superbe, pratiquement pas de circulation. Repas à l'Osteria di u Portu. Balade sur le port (c'est de là que mon fils est parti pour son tour de Corse à la voile il y a quelques années.)

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La marina de Macinaggio, le fief corse des plaisanciers italiens.

  • Poursuite de la route jusqu'au bout du monde : Barcaggio. Au large, l'île de la Giraglia, et après plus rien.

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Le port de Barcaggio en avril.

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La mythique Giraglia. C'est là que le mistral souffle souvent comme un fou.

  • On redescend de l'autre côté par Centuri (sans s'arrêter au port, c'est pour demain) et Pino, puis on traverse le Cap d'ouest en est par le Col Ste Lucie et Luri jusqu'à la Marine de Luri (Santa Severa.) Retour sur Bastia par la même route.
  • Recherche désespérée d'un fleuriste pour offrir quelque chose à Denise. On finit par atterrir au Marché U de Furiani, où on achète un petit truc minable dont elle sera ravie. Les supporters de Bastia sont de sortie : leur équipe joue contre Bordeaux ce soir. "On va les percer" qu'ils disent. En fait, Bastia va prendre 2/1 dans les gencives.
  • En attendant l'heure du repas, tour de l'étang de la Biguglia, le plus grand de Corse. Réserve naturelle.
  • Repas à Borgo chez Pierre et Denise, avec leurs fils Charles. Accueil chaleureux, menu corse pantagruélique. On évoque de vieux souvenirs, et on picole (sans excès) jusqu'à une heure du mat.

samedi 07 juin 2008

Dimanche 25 avril

  • Je prends quelques photos dans les jardins de l'hôtel Pietracap, et je discute avec le patron.

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La piscine, encore un peu frisquette, et l'hôtel.

  • Départ pour le Cap, par la route de l'ouest cette fois-ci. La route monte au-dessus de Bastia, et passe devant la décharge municipale. Répugnant.
  • Au Col de Teghime, on s'arrête devant le monument aux morts. Je rencontre Mr Allègre (fils d'un cousin germain de l'ex-ministre, de mère corse.) Il s'occupe de l'association USS Corsica qui entretient le souvenir de la Seconde Guerre mondiale en Corse. C'est une encyclopédie vivante de la résistance et de la libération de la Corse. Il nous parle longuement du rôle joué par les goumiers marocains, de la pension que les rares survivants touchent (6 ou 7 € par trimestre, ils ne vont même pas la chercher, ça leur coûterait plus cher de se déplacer), de leur réputation de coupeurs d'oreilles (à Bastia, on dit à un enfant : "Si tu n'es pas gentil, je vais te faire couper les oreilles par un goumier.") Réputation complètement fausse, bien sûr. En fait, ils portaient des morceaux de viande séchée pendus à une ficelle autour du cou, ce qui leur permettait de se nourrir pendant leurs longues marches sans avoir à s'arrêter.

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Le monument aux morts du Col de Teghime, qui commémore les combats héroïques des goumiers marocains, entre autres soldats, qui ont permis la libération de Bastia le 4 octobre 1943.

  • Arrêt à Nonza, apéro au Café de la Tour (un must d'après le Guide Vert, sauf que le platane n'a pas encore de feuilles.) On monte à la tour : la vue est époustouflante. Vue sur la "plage" de Nonza.

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La terrasse du Café de la Tour. Ce n'est pas encore la foule.

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La tour de Nonza. Cf les guides touristiques pour son histoire.

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La "plage" de Nonza. En fait, ce sont des stériles de minerai d'amiante déversés dans la mer pendant presque 20 ans. Il paraît qu'il n'y a aucun risque. On voit la mine désaffectée en arrière-plan.

  • Resto à la Marine d'Albo, chez Morganti. Repas annuel des vieux du coin. Bernadette n'apprécie pas trop, moi je trouve ça marrant. Je descends une demi-bouteille de Gentile, le meilleur Patrimoniu qui existe. On reprend la route.
  • Quelques hectomètres plus loin, on arrive à l'ancienne usine d'amiante de Canari. Je savais qu'elle était là, mais je n'imaginais pas l'ampleur du désastre. Je m'arrête pour faire des photos. Les quelques rares voitures qui passent ralentissent, les gens ont l'air consterné, mais personne ne s'arrête.

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L'usine d'amiante de Canari. Elle est dans cet état depuis 40 ans.

  • Les abords sont dégueulasses. Il y a des fibres d'amiante qui traînent partout, le sol est jonché d'ordures. La vue en contre-plongée de l'usine est absolument surréaliste. La montagne au-dessus est complètement éventrée. Sur 15 kms, la côte a été définitivement saccagée par les rejets de stériles à la mer : 12 millions de tonnes de 1948 à 1965, soit 33 millions de m3.

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Les travaux de réhabilitation du site ont commencé. (Pour ceux que ça intéresse, il existe un bouquin qui s'appelle "L'aventure industrielle de l'amiante en Corse", par Guy Meria, aux éditions Alain Piazzola. Edifiant.)

  • On continue vers Centuri et son petit port. Après l'enfer, le paradis. Retour par la même route.

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Croquignolet à souhait. Il paraît que c'est le premier port langoustier de France.

  • A Bastia, on cherche un resto près de la citadelle, recommandé par les gens de l'hôtel. Il est fermé. On aperçoit l'envers du décor dans le quartier arabe.

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  • Finalement, on mange au Colomba sur le port. Celui-ci est désert. "C'est encore l'hiver," dit le serveur, "et puis demain les gens travaillent."

Lundi 26 avril

  • On glandouille un peu avant le départ.
  • Départ pour Calvi. On s'arrête à Saint Florent. Adorable petit port, on traîne dans le patelin. Je discute avec un américain qui a appelé son bateau "Les affaires risquées" et qui l'a immatriculé à Huston, Texas. Il est habituellement mouillé à Antibes. Le propriétaire me dit qu'il passe à son bord six mois tous les ans.

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  • De la jetée du port, on distingue très bien l'usine de Canari de l'autre côté du golfe. Décidément, on n'échappe pas à la malédiction de l'amiante.

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  • Déjeuner au U San Pedro à Casta. La patronne n'est pas très sympa ni très causante. J'arrive quand même à lui arracher deux mots : non, et oui.
  • Traversée du désert des Agriates. Ca ne me paraît pas si désertique que ça, mais puisque qu'on le dit. Il fait toujours aussi beau, et il y a toujours autant de circulation. Et on voit toujours Canari.

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  • Arrivée au Grand Hôtel de Calvi. Gros problème de parking. La chambre fait un peu ringard après le Pietracap, mais la salle panoramique du petit déj' est fabuleuse.

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Le port de Calvi depuis la terrasse du 5ème étage.

  • On va attendre Ludo à l'aéroport Ste Catherine. Il s'installe, et puis on va tous les trois se balader sur le port avant de dîner au Plaisance. Terrasse un peu frisquette. (J'ai l'impression que le resto a disparu, je ne l'ai pas retrouvé l'été dernier.)

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